Je veux avoir une raison de me lever le matin. Demain, je bazarde ma fierté de con qui sert a rien, et je lui avoue la vérité, je lui dis à quel point je l'aime, que je n'ai jamais cessé de l'aimer. Et puis si elle s'en fout, au moins je serai fixé. Et je pourrai passer à autre chose, cesser de me torturer, vivre ... Il est grand temps. Et si elle ne s'en fout pas ... Demain ne sera pas comme hier, comme aujourd'hui, comme tous les jours gâchés de ma misérable vie.
Demain je serais peut être avec Hell.
Un feu rouge. Place de la Concorde. Jamais personne. De toute façon, peux pas m'arrêter. Roule trop vite. Une voiture noire sur la gauche. Elle roule vite aussi. Le plus beau moment de sa chanson. Je n'ai pas le temps de monter le son au maximum avant de sentir mon pare-brise exploser, ma portière exploser, et moi . . .
Demain aurait été un autre jour ... semblable.
Mes doigts engourdis par le froid ne parviennent pas à appuyer sur cette putain de touche. Le message défile enfin. Une phrase. Une seule. Je la lis. Je la relis. J'ai trop pleuré, je n'en peux plus.
Je m'éffondre. Place Vendôme à sept heures du matin. Une fille à genoux qui mord sa main ensanglantée. Et qui hurle. Qui hurle une plainte incohérente. Comme si le désespoir avait pris forme. La forme d'un cri. Je crie la fin d'un rêve, je crie la fin du monde. Je crie la fin de l'homme que j'aime et qui s'est planté comme un con, e, sortant de boîte, dans sa caisse à cinq cent mille balles qui n'a même pas été foutue de le préserver. Mort sur le coup. Mort. Je crie l'atroce réalité de cette vie de merde qui donne, et qui reprend. Je crie ce qu'on a vécu, ce qu'on aurait pu vivre encore. Je crie ce qu'il est. Etait. Ce qu'il aurait pu devenir. Je crie ma détresse, ma douleur, mon amour, mon amour, mon amour . . .
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir.
Tant bien que mal, avant j'aimais la vie, parce qu'on l'avait en commun.
Avant, j'aimais la vie, même sachant tout ce que je savais, car dans l'immensité du vide, il était là qui souriait.
Je pense encore à lui ,chaque jour, chaque minute, chaque seconde ... je pense encore à lui.
Je regarde les gens, leurs pas qui les emportent vers une finalité absente ... Et au fond de moi même, son image qui me hante.
Maintenant qu'il n'est plus là, je sais pourquoi j'existais.
J'exitais pour lui.
Je n'oublierai pas ton visage, je n'oublierai jamais ta voix.
Je me morfond dans ma douleur.
Pauvre con, tu ne pouvais pas rouler moins vite.